De Sicile en Asie centrale en vélo sacoche
30 Avril 2013
J'ai quitté la Turquie dimanche, toujours par cet axe très monotone. Les paysages de noisetiers ont bien changé depuis Rize : les cultures de thé constrastent maintenant avec le bleu de la mer noire.
Enfin le soleil, le chaud : cette 2x2 voies et ses tunnels en est devient presque belle.
Mon dernier bivouac a été un peu difficile à trouver. Je me suis arrêté juste avant la frontière géorgienne. J'ai eu beaucoup de refus pour monter ma tente sur des prés : j'ai été traité de terroriste et les gens avaient peur de voir un étranger proche de chez eux.
Ce dernier épisode est en totale contradiction avec l'accueil et l'aide dont on fait preuve les Turcs tout au long de cette longue traversée (1900 km sur 25 jours pédalés). Je me suis toujours senti en sécurité sauf face à la conduite plus que limite des camions et autres bus. Je regrette de ne pas avoir pu traverser le massif du Kachar après Sumela. Ce massif avec ses sommets à plus de 3900m est encore bien enneigé...
Cay, cay, cay
Encore un. Un nouveau poste frontière, un nouvel alphabet, un nouveau fuseau horaire...
Je passe la frontière tôt le dimanche matin. Tout se passe bien et déjà une invitation pour de la vodka par les conducteurs de taxi du côté géorgien. J'évite en prétextant que mon moteur ne tourne qu'à l'eau et c'est un turc qui me propose un café.
La 2x2 voies côté turc, se transforme vite en petite route côté géorgien avec de sacrés trous. C'est comme ça qu'on les aime les routes, bienvenue en Géorgie.
Les paysages changement radicalement. La côte s'ouvre, les montagnes sont plus lointaines, la chaleur devient presque étouffante (non j'ai dû perdre l'habitude du soleil). Les faciès changent également : la frontière n'est donc pas qu'un simple trait sur une carte.
une entrée discrète en Géorgie
Me voici donc à Batumi pour faire mon visa azéri. Ah si la facilité pour l'avoir pouvait être aussi simple que cette rime. Mais non, lundi, le consul m'a dit de repasser mercredi. En début du mois c'est plus facile parait t'il :-o.
Je n'ai pas besoin de lettre d'invitation, c'est déjà ça.
C'est pas grave, cette attente me permet de me reposer, de réfléchir à la suite et de rencontrer d'autres cyclos. Et oui, puisque la voie du sud est maintenant "fermée" beaucoup de sacochards vont tenter la traversée de la Caspienne. Je rencontre Cyrielle et Greg, en vélo couché. Egalement, je re croise le couple de cyclo Polonais vu à Trabzon. Les Lyonnais et un Slovène pédalent également sur cet axe avec 2 semaines d'avance.
Il y avait donc foule à l'ambassade lundi matin...
Batumi est une ville très moderne et est sûrement très diférente du reste de la Géorgie (salaire moyen 60€). Ici grosses voitures, batiments hypers modernes, casinos, people très smart. Cette ancienne station balnéaire russe attire maintenant beaucoup de turcs venus pour les jeux d'argent, la vodka et les filles...
Batumi
J'espère pouvoir repartir rapidement découvrir ce pays où je ne pensais pas sacocher. Bien que la carte de ce petit pays tienne sur deux feuilles A4, il me faudra une bonne dizaine de jours (les montagnes ont l'air de taper) pour arriver en Azerbaidjan. Je pense prendre mon temps en évitant les grands axes et en essayant de découvrir l'hospitalité géorgienne reconnue par tous les voyageurs.