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Un p'tit tour de sacocherie

De Sicile en Asie centrale en vélo sacoche

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Que dire de l'Ouzébistan ?
Si je prends le rôle de pédaleur errant vers l'est, l'Ouzbékistan c'est...
...Un pays où le vent pousse à 50 km/h vers l'ouest. Un pays où la platitude n'est pas enjolivée par des petites routes secondaires. Un pays où il faut être dans les clous sinon tu sors.
Et oui voilà maintenant 14 jours que je pédale avec un fort vent de face en essayant de gagner un hôtel tous les soirs. Pas de bivouac autorisé car il faut se faire enregistrer tous les jours sinon c'est prendre le risque de se faire refouler du pays par l'OVIR avec quelques billets en moins (les verts pas ceux qui seront décrits plus loin).
Les chemins de traverse ne sont pas autorisés également. En fait, il existe la route principale (en gros Nukus-Tachkent) et les routes secondaires sont soit défoncées, soit inconnus par les locaux soit en reconstruction.
Il faut donc avancer à travers le désert (Nukus Urgench puis Bukhara) ou les plantations de coton. Ces dernières sont les restes des plan quiquennaux soviétiques qui ont placé l'Ouzébistan en 3ième producteur de coton (et par là même ont permis d'assécher la mer d'Aral et place l'Ouzbékistan dans le top ten des pays où l'esclavagisme enfantile est "autorisé" dans ces champs de coton). Une autre particularité de ce pays est la forte densité de policiers. Je n'ai (pour l'instant) été arrêté que pour boire un coca. C'est assez surprenant la première fois de voir un billet passer discrètement d'une main "fautive" vers une main "de loi". La corruption est aussi au palmarès de l'Ouzbékistan.
La répression ne me permet pas de rencontrer des gens. Plusieurs invitations ont tourné court car la famille avait peur de la police en cas d'hébergement non enregistré. Dommage, les Ouzbeks paraîssent moins aggressifs que les kazakhs à mon passage mais je n'en saurai pas plus.
Ne soyons pas si négatif (bien que cette impression se retrouve dans de nombreux récits de sacochards).

...Si je prends le rôle de touriste flanant à l'est, l'Ouzbékistan c'est...

L'Ouzbékistan possède tout de même quelques joyaux de l'art musulman et a joué un grand rôle dans le commerce entre Europe et Asie.
On retrouve tout ça dans trois villes majeures : Khiva, Bukhara et Samarkand.
Bukhara et Samarkand sont connues en tant que carrefour important sur les routes de la soie.
Samarkand fût jadis considérée comme la plus grande bibliothèque mondiale. Elle est également connue comme étant la région natale de Tamerlan. Ici on célèbre encore ce conquérant qui a pourtant tué 17 millions de personne (5% de la population mondiale) par ses conquêtes en asie centrale et mineure.
J'ai passé 3 jours à Bukhara au calme en passant mon temps à contempler ces mederssas et ces mosquées au lever et coucher du soleil. Greg et Cyrielle étaient également là pour un repos prolongé.
J'ai également passé 3 jours à Samarkand mais seulement pour récolter ces petits papiers d'enregistrement. Le charme de cette dernière est gâché par les constructions modernes qui viennent étouffer le Registan et la mosquée Bibi-Khanoum (mosquée joyau de l'ère Tamerlan, elle reste aujourd'hui l'une des plus grandes mosquées au monde). Samarkand est aujourd'hui une ville ultra moderne (2 ième ville d'Ouzbékistan). Bukhara fait "petit village" où on ne se lasse pas de contempler ses grandes facades.

Le petit diaporama touristique est fourni gratuitement ici: https://goo.gl/photos/NHtcP8KP2LgikjYs5

 

L' Ouzbekistan c'est ....
L' Ouzbekistan c'est ....
L' Ouzbekistan c'est ....
L' Ouzbekistan c'est ....

Ah oui j'oubliais aussi de parler du sport national ouzbek : le comptage de biftons et le marchandage d'argent.
Et oui c'est bien possible, la monnaie locale n'a pas de "valeur officielle" et on la marchande (souvent dans les bazars). Ici la monnaie s'achète avec un taux plus intéressant que le cours officiel. Le pourcentage du surplus dépend des villes, de l'endroit dans le bazaar, de la tête du client. Le cours officiel est de 1€ contre 2697 SOM. Mais il est facile de trouver dans ce marché parralèle (je ne dis pas "noir" car cela paraît "autorisé" puisque tout le monde le fait, même un policier peut être changeur) 1€ pour 3450 SOM. C'est là qu'il faut exceller dans la première discipline (le comptage). La plus grosse coupure étant de 1000 SOM (soit 30 cents d'euro) il faut avoir une dextérité ouzbèque (ou alors avoir passé sa jeunesse à jouer au monoply) pour compter le change de 100 euros sans erreur en moins d'une minute. Pas commode de rentrer tout ça dans les sacoches où le mm3 est compt
é.

L' Ouzbekistan c'est ....
L' Ouzbekistan c'est ....

Beaucoup le savent, j'ai hâte de rentrer dans le Pamir Tadjik qui est pour moi un passage important dans cette traversée vers l'est. Je ne sais pas encore si je choisis l'option de longer le corridor de Wakhan (un corridor afghan créé arbitrairement entre l'ex URSS et le Pakistan pour faire un garde feu entre l'empire britannique et l'empire Russe, cf http://fr.wikipedia.org/wiki/Corridor_du_Wakhan) ou de suivre la classique Pamir highway. Je choisirai ça au dernier moment à Khorog. La première option est plus engagée : autonomie nécessaire sur plusieurs jours et pour passer le Kargush Pass (4344m) il faudra pousser sur une piste sableuse. Dans les deux cas, il faudra pédaler plus de 500 km à plus de 4000m. 

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